Sur le plan de la charité

« Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12) : pour beaucoup, le christianisme tout entier se résume dans ce verset, et effectivement, l’Église a bien sûr toujours été extrêmement engagée dans les œuvres de charité. On a tous en mémoire les grandes figures de saint Martin, saint Vincent de Paul, Mère Teresa mais il y surtout tous les anonymes de tous les temps, dans tous les coins du monde ...

L’Église a suscité une vague de charité unique et jamais vue sur Terre

C’est ce que nous allons voir et démontrer maintenant, mais quand on affirme cette évidence, les gens sont parfois incrédules ou choqués, parce qu’ils subissent le matraquage des médias qui leur disent au contraire que l’Église est horrible, et qu’elle a fait nombre d’horreurs dans le passé.

Dans les médias, ce sont toujours une dizaine de thèmes bien connus, systématiquement présentés de manière biaisée ou instrumentalisés, qui sont rabâchés comme de véritables cas d’école pour parler de l’Église :

  1. Le Moyen âge et l’obscurantisme (V° au XV° siècle),
  2. Les Croisades (1095-1291),
  3. L’Inquisition (XIII° au XVIII° siècle),
  4. Les Borgia (XV° au XVI° siècle),
  5. Galilée et la science (1564-1642),
  6. La Saint-Barthélemy et les guerres de religion (1562-1598),
  7. L’esclavage et le colonialisme (XVI° au XIX° siècle),
  8. Pie XII et l’antisémitisme (XX° siècle),
  9. La place de la femme (de tous temps),
  10. Et aujourd’hui la pédophilie …

Le problème, c’est que si l’on prend n’importe lequel de ces dossiers et qu’on le regarde sérieusement, cela ne tient pas la route une minute, pour trois raisons :

  1. D’abord, parce que le fond est caricaturé, déformé, mis hors contexte. Entre anachronismes, erreurs de perspectives, exagérations et éléments passés sous silence, on construit des dossiers à charge à partir de faits beaucoup plus nuancés, et on donne de l’Église une image fausse et incompréhensible. Ceux qui véhiculent toutes ces accusations savent-ils seulement de quoi ils parlent ? Qui, quand, quoi, comment, combien ? D’où viennent les informations : des historiens, ou bien des polémistes ? « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », dit le proverbe. De tous temps, les hommes ont caricaturé leurs adversaires, qu’il s’agisse du pouvoir en place ou bien, au contraire, de la minorité choisie comme bouc émissaire. Dans l’Antiquité circulait la rumeur selon laquelle les chrétiens, lors de leurs réunions, mangeaient des enfants ! Le même mythe s’est retourné, au Moyen-Âge, contre les Juifs. Pendant la Première Guerre mondiale, on disait que les Allemands coupaient les mains des prisonniers français. Aujourd’hui, on ne risque rien à s’attaquer à l’Église. Mais avant de colporter des accusations, l’honnêteté n’oblige-t-elle pas à s’interroger sur les faits [1] ?

  2. Ensuite, il ne s’agit pas de dire pas qu’il n’y a pas eu, dans l’histoire de l'Église, des gens qui ont été des traîtres, des Judas ou des faibles. Il y a des cas réels bien sûr et on sait que comme dit le dicton que « Corruptio optimi pessima » : « la corruption des meilleurs est le pire ». Il y a eu beaucoup de tristes cas évidemment dans l’histoire, mais la question pertinente est : quelle proportion représentent-ils sur l’ensemble ? Pour répondre de manière sérieuse, il faut ouvrir les dossiers et regarder les chiffres, comme nous le ferons dans la suite, et la conclusion sera claire.

  3. Enfin, il faut faire attention à ce que ne soient pas attribuées à l’Église des actions de chrétiens qui se font en opposition à l’enseignement de l’Église et à l’exemple du Christ. Quand des crimes sont commis par des chrétiens, qu’il s’agisse d’individus ou d’institutions, est-ce parce qu’ils sont chrétiens, ou bien alors qu’ils sont chrétiens ? Quand un médecin, un avocat, un boulanger commet un crime, est-ce parce qu’il est médecin, avocat, boulanger ? Sa faute doit-elle rejaillir sur sa corporation toute entière ? Quand il s’agit d’un prêtre, est-ce si différent ? Quand un régime nationaliste ou communiste athée ou païen commet un massacre, est-ce parce qu’il est athée ? Dans certains cas, l’athéisme ou le paganisme fait effectivement partie de l’idéologie qui motive le massacre ; dans d’autres cas, pas du tout. La même question doit se poser pour l’Église : quand des États qui se réclamaient du nom de chrétiens ont commis des crimes, était-ce conforme à l’enseignement de Jésus ? Voilà la question des raisons : le péché des chrétiens est-il commis à cause de la foi chrétienne ou bien malgré elle ?

Tout l’art de l’antichristianisme consiste à « mettre le focus » sur ce petit nombre de gens ou de cas en les déformant et en essayant de nous faire croire que c’est attribuable à l’Église et représentatif de la totalité de la réalité, ce qui est bien sûr triplement archi-faux.

Ceux qui ont le temps et le goût pour cela pourront regarder quelques réflexions utiles pour rétablir la vérité sur chacun de ces 10 cas d’école[2].

Avec ces cas particuliers toujours caricaturés et sans cesse ressassés, on occulte la réalité massive de l’Église qui est objectivement une vague de charité extraordinaire, jamais vue et unique au monde. Ces thèmes, c’est l’arbre auquel on demande volontairement de cacher la forêt : car cette réalité massive, ce sont des multitudes de gens qui ont donné leur vie tout au long des siècles pour aider les pauvres, civiliser, prier, soigner, nourrir, vêtir, assister les mourants, au service de Dieu et de leur frères. Mais malheureusement le monde d’aujourd’hui ne veut plus reconnaître ces évidences …

Devant ce spectacle désolant et systématique de déformation de la vérité, toujours dans le même sens, on est amené à se demander qui est derrière cette désinformation et qui en décide.

Le prisme idéologique des médias mondains déforme la réalité

En réalité, même s’il y a clairement beaucoup de forces plus ou moins ouvertement hostiles au Christ et à l’Église, il n’y a sans doute pas de complot formellement organisé, et le conditionnement du monde des médias aujourd’hui provient probablement de la combinaison de trois réalités incontournables :

  1. Le fait que l’idéologie actuellement dominante soit anticléricale joue beaucoup. Il y a eu dans l’histoire de l’Occident des vagues anticléricales successives avec les Lumières, la République, l’Anticléricalisme, le Marxisme, Mai 68, etc. Il y a aussi l’influence des orientations politiques très progressistes du monde médiatique et du monde de l’éducation. Il y a également des liens générationnels, en lien avec la génération de 68. Et le fort tropisme anticlérical, qui vient de la culture des Lumières, reste très fort aujourd’hui dans le monde occidental. Avant d’être un discours historique, la critique de l’Église fait partie du discours idéologique de ceux qui occupent actuellement le pouvoir. Nombreux sont ceux qui veulent "se payer" l’Église et qui consacrent tous leurs moyens à se faire l’écho des erreurs de l’Église, quand ils ne sont pas dans la calomnie pure et simple. On se focalise donc avec les moyens du monde sur le petit nombre des erreurs, sur des Judas et sur des individus faibles et impressionnables, et on en fait des montagnes, alors que la masse de la réalité est absolument ailleurs.

  2. Le fait que les médias ont par nature un tropisme « progressiste » compte aussi. On peut quelque peu expliquer le fait que 85% des journalistes se disent « de gauche » par notre l’Histoire et peut-être aussi par le mode de recrutement de ce milieu. Mais plus profondément, il semble qu’il y a une affinité idéologique entre la pensée médiatique et la pensée progressiste. Car il y a dans les médias une hostilité naturelle envers la pensée conservatrice parce qu’ils ont par nature le goût du changement. On ne fait pas un media accrocheur en parlant de ce qui va bien et de ce qui est permanent : il faut du nouveau, de l’original, du jamais vu, du dramatique, du sang, des larmes, du pathos. Faire sa couverture sur ce que l’Église enseigne de Jésus de manière constante, cohérente et rationnelle depuis 2000 ans n’intéresse pas les médias, mais si on imagine une histoire abracadabrantesque entre Jésus et Marie-Madeleine, on a de grandes chances d’avoir là « Une » de nombreux magazines. Les médias par nature aiment le changement et détestent ce qui est stable. On voit bien que ce tropisme naturel est une des explications majeures, parce que le phénomène du terrorisme intellectuel et du progressisme des médias n’est pas lié à un pays : il est vraiment mondial et il existe partout.

  3. Le fait que les médias recherchent par nature le scandale et une troisième clé. « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse » dit le dicton et c’est particulièrement vrai pour le traitement de ce qui concerne l’Église dans les médias. Le monde médiatique est le monde du court terme, du scandale, des gros titres aguichants, car ce qui est le plus efficace pour attirer c’est de jouer sur la simplification, le choc et les plus bas instincts.

Les médias jouent sur le pouvoir, l’argent, le sexe, la violence, le paraître, les mondanités, l’orgueil, le trash : tout l’inverse de l’Église de Dieu, qui prêche la pauvreté, la chasteté, l’humilité, le beau, l’imitation des vertus de Jésus-Christ, l’obéissance, l’authenticité et le refus des valeurs du monde. Les gens heureux n’ont pas d’histoire, donc ce qui va faire du buzz, ce qui va faire de l’histoire, c’est le malheur, c’est le déviant, c’est l’anormal … Voilà pourquoi quand certains arrivent à trouver une faille, un angle, et une manière de dénoncer l’Église, c’est encore plus fort et cela fait les gros titres. Traîner dans la boue ce qui est le plus noble, le plus saint et le plus grand est évidemment un scandale médiatiquement optimal.

Le matraquage actuel est tellement fort que les Chrétiens ont parfois l’impression que leur passé et leur présent sont très noirs, alors que ce n’est absolument pas le cas.

Quel courant de pensée a fait autant de bien que l’Eglise à travers toute l’œuvre de civilisation qu’elle a inspirée ? Si l’on regarde l’ensemble des mouvements du monde, il y a peu de chose qui a produit autant de fruits de charité, de beauté, de grandeur et de noblesse que l’Église et le monde chrétien. Mais les gens n’ont pas forcément les moyens de répondre ; ils ne savent pas que ce qu’on leur assène est bien souvent de la propagande et ils finissent par être victimes de cette propagande.

Nombreux sont ceux qui veulent se payer l’Église et qui consacrent tous leurs moyens à se faire l’écho des erreurs de l’Église, quand ils ne sont pas dans la calomnie pure et simple. On se focalise donc avec les moyens du monde sur le petit nombre des erreurs, sur des Judas et sur des individus faibles et impressionnables, et on en fait des montagnes, alors que la masse de la réalité est absolument ailleurs.

À travers ces trois facteurs historiques, c’est aussi la lutte des forces du mal contre l’Église qui se révèle. L’Église, c’est le rayonnement sur la terre de la victoire de Jésus Christ sur le Diable, et le Diable qui ne peut rien contre Jésus Christ cherche au moins à empêcher les hommes d’avoir part au salut que Jésus nous a acquis. Comme le décrivait allégoriquement l’apôtre Jean dans l’Apocalypse : « le Dragon », c’est-à-dire Satan, « se mit en colère contre la Femme », c’est-à-dire l’Église, et « il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus » (12,17). Or, le Diable est « menteur et père du mensonge » (Jn 8,44) : toutes les calomnies proférées contre l’Église viennent ultimement de lui et servent ses intérêts.

Il faut regarder honnêtement les vrais chiffres et comparer les vrais bilans

Si l’on regarde objectivement les grands chiffres, on voit que l’Église c’est d’abord et avant tout une multitude d’hommes et de femmes qui, dans tous les siècles, ont donné entièrement et gratuitement leur vie par amour pour leurs frères, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Ce sont des tas de gens qui ont vendu tous leurs biens et les ont donnés aux pauvres, pour les servir et servir Dieu, comme on le voit dès les Actes de Apôtres, dans l’Antiquité, dans les ordres religieux et dans tous les siècles et non ces 10 sujets particuliers sur lesquels on pointe sans cesse les projecteurs en les amplifiant et les déformant passablement. La multitude des curés de campagne, des sœurs de charité, des moines, des chrétiens dévoués au service de Dieu et de leurs frères, dans tous les siècles et sur tous les continents, c’est cela la grande masse de l’Église…

Aucun autre mouvement au monde ne peut présenter un bilan comme celui-là.

Tout le monde peut s’en rendre compte à partir de son expérience personnelle

Pour se rendre compte de cette vérité, il n’est pas nécessaire d’aller dans les bidonvilles du Tiers-Monde ou de réformer les médias : il suffit d’ouvrir les yeux à côté de chez soi, dans la paroisse la plus proche. En effet, un peu partout dans le monde, dans presque toutes les paroisses catholiques, sont organisés des services de visites aux malades ou aux personnes âgées à domicile ou à l’hôpital, de visites ou de distributions de repas aux personnes sans-abri, des temps de partage pour les personnes seules, des activités pour les jeunes, etc. Pour assurer tout cela, d’innombrables fidèles donnent de leur temps avec générosité et discrétion.

Nous connaissons tous des gens qui sont moines, moniales, religieux, religieuses, prêtres, évêques (la vie d’un évêque n’a rien d’enviable : c’est vraiment une vie de fou !), des gens qui ont donné leur vie à Dieu et qui sont au service des autres : tous sont des gens admirables. Ainsi, si l’on fait l’analyse à partir d’un point de vue quantitatif et impartial (et tout le monde peut le faire à son niveau), les grands nombres sont à l’évidence du côté de formidables dons de soi aux autres.

L’Église est, en plus, et de loin, la plus grande organisation caritative du monde

Il n’y a aucun doute si l’on prend le temps de regarder les réalités. L’Église apporte depuis toujours et partout, sur tous les continent, secours et consolation à tous ceux qui sont dans le besoin :

- Une aide multiforme est dans tous les coins du monde offerte aux pauvres par des multitudes de congrégations de sœurs consacrées à la charité, à l’accueil, à l’entraide. C’est le travail quotidien de la majorité des 660.000 sœurs et religieuses du monde[3], engagées dans des œuvres d’éducation, de santé, d’aide aux plus démunis : Filles de la charité, Petites Sœurs des pauvres, Servantes des pauvres, Missionnaires de la charité de sainte Mère Teresa, etc, etc.

o   A quoi comparer cela ?

- Il y a aussi 52.000 religieux non-prêtres, engagés pour beaucoup dans les œuvres de charité. D’autres sont moines et accueillent largement dans leurs monastères, depuis l’Antiquité, tous les visiteurs de passage, catholiques bien sûr mais aussi hommes de tous horizons venus goûter le silence et la paix de la vie religieuse.

o   A quoi comparer cela ?

- Il y a plus de 400.000 prêtres qui ont fait six à huit ans d’études supérieures, que l’on mobilise gratuitement au service des fidèles et de tous les hommes : accueil, accompagnement des familles, notamment dans la maladie, dans le deuil, célébration des sacrements, etc. Pour un cas d’infidélité dont on parle, combien plus persévèrent fidèlement dans leur ministère, à l’exemple d’un saint Vincent de Paul ou d’un saint Jean-Marie Vianney !

o   A quoi comparer cela ?

- Il y a les actions de charité petites ou grandes des 200.000 paroisses catholiques du monde et toutes les initiatives des associations catholiques, comme par exemple les dons recueillis par le réseau Caritas qui collecte 3 à 4 milliards de dollars de dons numéraires chaque année de la part de ses 160 pays affiliés. Rien qu’en France, le Secours catholique (antenne française du réseau Caritas) récolte et distribue près de 140 millions d’Euros par an aux plus démunis ; l’Ordre de Malte plus de 75 millions[4]... Sans compter le travail de dizaines de milliers de bénévoles ! On peut nommer aussi la Société Saint-Vincent-de-Paul, les Chevaliers de Colomb, etc. Certaines organisations assurent aussi un soutien au développement dans les pays qui en ont besoin : la D.C.C., Fidesco, le C.C.F.D. Conformément au commandement de charité universelle laissé par Jésus (cf. Mt. 5, 43-47), tout cela se fait dans une démarche de pure charité universelle, sans aucune exclusive et sans distinction de religion, ce qui n’est pas le cas de l’action des autres religions, qui limitent toutes leurs secours à leurs coreligionnaires.

o   Qui dit mieux ?

- En plus de cela, depuis toujours, l’Église a soin des malades et des mourants (cf. MT 25,31-46). Elle est encore aujourd’hui de très loin l’institution qui a le plus d’hôpitaux et d’orphelinats dans le monde, avec 5.500 hôpitaux, 18.000 cliniques, 16.000 maisons de retraite et d’accueil dans le monde entier, près de 10.000 orphelinats et c’est l’Église qui gère également le plus grand nombre de centres d’aide, de soutien et de développement (à titre de comparaison, le plus grand groupe hospitalier privé au monde, l’Hospital Corporation of America, gère moins de 500 établissements !). Et tout cela à 65% dans les pays en voie de développement,

o   Qui dit mieux ?

- Il y a tout son gigantesque effort d’éducation, dans tous les coins du monde : c’est l’Église qui a le plus d’écoles, environ 140.000 dans le monde, accueillant plus de 60 millions d’élèves de toutes religions et accompagnant environs 5 millions d’étudiants. C’est elle qui a fondé et développé les universités et tout le système scolaire, comme aucune autre organisation dans le monde.

o   Qui dit mieux ?

- Il y a le développement de la science : la méthode scientifique est née dans les pays chrétiens à partir du Moyen Âge, avec des savoirs qui se sont transmis et consolidés. Pierre Duhem, un des plus grands savants français, pionnier de la thermodynamique, a montré cela au début du XXe siècle, de manière admirable, en démontrant que ce n’est pas du tout quand le monde s’est séparé de l’Église que la science a émergé : elle a commencé à émerger bien plus tôt, et c’est dans le monde imprégné par la Bible et l’Évangile - comme par hasard - que les sciences les plus pointues se sont développées. Tout au long du Moyen-Âge, l’étude du monde créé étant indissociable de l’étude du Créateur, toutes les connaissances scientifiques du temps sont conservées et approfondies dans les monastères, puis les écoles cathédrales et enfin les universités. Dès le milieu du XIIIème siècle, par exemple, saint Albert le Grand, connu comme l’un des principaux théologiens de son temps, entreprend la rédaction de trois grandes encyclopédies du monde minéral, végétal et animal, et rédige également plusieurs traités de chimie. À la même époque, la philosophie réaliste d’Aristote (très attentive aux propriétés concrètes des choses) commence à supplanter l’idéalisme de Platon dans les universités de théologie, permettant le développement de ce qui deviendra la méthode scientifique au sens moderne. Par la suite, les quelques épisodes conflictuels dans la relation entre l’Église et les sciences ne peuvent absolument pas être érigés en généralité. Pour un Galilée qui a été interdit temporairement de publication (mais à qui l’Église continue jusqu’à sa mort à verser un traitement), l’immense majorité des savants a toujours été encouragée et honorée par l’Église, spécialement ceux qui étaient profondément croyants.

o   Qui dit mieux ?

- Ensuite, l’Église a été en permanence au service du droit, pour que la justice et les lois soient respectées, mais aussi au service de la vie humaine, de tous les droits de l’homme, de la dignité de toute vie humaine de la naissance jusqu’à la mort, avec des tas de bénévoles qui prennent du temps pour visiter les malades, les mourants, les prisonniers, la lutte contre l’esclavage, contre les sacrifices humains, contre l’infanticide, la promotion de la vie, du mariage, de la famille, plus que personne. C’est parce que l’homme est créé à l’image de la beauté de Dieu que le premier empereur romain chrétien, Constantin, interdit que les prisonniers soient marqués au fer rouge sur le visage (mars 315). Ce même Constantin abolit également le droit de vie et de mort des parents sur leurs enfants (mai 315), et dans sa politique d’adoucissement de l’esclavage il interdit que les membres d’une même famille d’esclaves soient séparés (date incertaine). Pour ce qui est de l’esclavage, il disparaît en France sous l’influence de la reine Bathilde (VIIème siècle) ; au XIVème siècle (après l’édit de Louis X du 3 juillet 1315), on dit même que « le sol de France affranchit tout esclave qui le foule ». Après la découverte des Amériques, le pape Paul III interdit l’esclavage des Amérindiens ainsi que de « tous les autres peuples qui peuvent être plus tard découverts »[5], présentant l’esclavage comme une invention de Satan. On pourrait aussi rappeler bien d’autres fruits du christianisme dans le droit occidental : l’exigence du consentement de la femme pour son mariage (1215) et le droit de vote des femmes dans les assemblées (aboli à la Renaissance), la présomption d’innocence devant les tribunaux (système inquisitorial remplaçant le système accusatoire), etc, etc.

o   Qui dit mieux ?

- Et puis il y a une immense œuvre de civilisation qui est passée par l’Église, l’action des moines défrichant les terrains, asséchant les marais pour construire les monastères, où ils conservent et recopient les ouvrages des auteurs anciens ; l’action des évêques réunissant tous les corps de métiers pour élever des cathédrales toujours plus grandes, toujours plus belles ; l’action des princes et des cardinaux entretenant les plus grands artistes de leur temps pour construire, pour bâtir, pour faire de l’art dans toutes les formes, dans les églises, et partout ailleurs avec la peinture, la sculpture et l’architecture, la littérature, la poésie, la danse, la musique (il y aurait tant à dire sur l’extraordinaire fécondité culturelle du christianisme !)

o   Qui dit mieux ?

- Il y a enfin toute l’œuvre de justice et de paix, déployée constamment, contre tous les tyrans, toutes les dictatures, tous les abus de pouvoir vis-à-vis des pauvres et des petits, et contre les vices, les drogues, les addictions et tout ce qui dégrade l’homme, partout dans le monde. L’Église s’est toujours engagée, cherchant à promouvoir la paix entre les nations : on pense à la « trêve de Dieu » imposée par les évêques aux seigneurs féodaux, aux tentatives de conciliation entre les belligérants proposées par Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale, au rôle de saint Jean-Paul II dans la chute de l’Union soviétique, etc. Pour son œuvre en faveur des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, le pape Pie XII a été déclaré « juste parmi les nations » par la Cour suprême d’Israël. Les évêques locaux aussi se dépensent au service de la paix : saint Oscar Romero, au Salvador, assassiné pour son action en faveur des droits de l’homme ; Carlos Belo, prix Nobel de la paix en 1996 pour sa recherche sur la résolution de la guerre au Timor oriental, etc.

o   Qui dit mieux ?

Ce bilan est hallucinant.

Le véritable bilan humain de l’Église est magnifique.

Si l’on juge l’arbre à ses fruits, rien ni personne dans l’Histoire ne peut évidemment être comparé à l’Église de Dieu.


[1] Parmi les ouvrages d’historiens passant en revue ces « dossiers » de l’Église, on peut renvoyer au plus récent, L’Église en procès, dirigé par Jean Sévillia.

[2] Voir aussi par exemple les 3 livres de Jean Sevilla : Terrorisme Intellectuel, Historiquement correct et Historiquement incorrect

[3] Tous les chiffres de cette partie sont tirés du rapport annuel 2018 de l’agence Fides.

[4] Les rapports financiers sont consultables sur le site Internet de ces organisations.

[5] Bulle Sublimis Deus, 29 mai 1537.